29 novembre 2009
En apnée dans un monde parallèle...
J'ai déposé tout cela quelque part. Ailleurs.
Tout cela grandira en moi mais loin de moi, réflexion schizophrénique par nécessité de mise à distance.
Parce que recevoir 100 sms en une heure, cela me dépasse. Parce que déchiffrer ses culpabilisantes larmes électroniques n'est plus possible.
Parce que la réponse se trouve sûrement très loin au dessus de ma capacité à analyser les choses.
Alors je me suis assise, en face d'elle, et j'ai parlé.
Je n'ai pu que commencer par parler ce langage liquide, explosant le trop plein qui n'a cessé de gonfler en moi ces derniers mois, menaçant de submerger ce qu'il me reste de raisonnable.
Puis sont venus se poser des mots. Comment raconter depuis le début... J'ai tiré un bout de laine de la pelote, il y avait beaucoup de noeuds, d'endroits effilochés, parfois si fins qu'ils se cassaient juste en les effleurant.
La petite pièce chaleureuse, lumière tamisée et table basse entre nos deux chaises en rotins, a accueilli mes sanglots, mes balbutiements, ma culpabilité et - il faut bien que je me l'avoue - ma souffrance. Comme une bulle, fermée d'une double porte, où je peux laisser flotter mes mots, où ils se heurteront sûrement, mais où je les retrouverais à la prochaine 'séance'.
Je n'aurais pas cru en avoir vraiment besoin un jour.
C'est la première fois que me sens ainsi chanceler au bord du gouffre de la folie.
D'ailleurs je le lui ai dit : "il va me rendre dingue".
Peut-être parce que j'en suis amoureuse ?
27 novembre 2009
'Hate mornings'
Ce matin, 05h30.
Sortir dans le froid, marcher dans les flaques, slalomer entre les voitures, alors qu'on est en pleine nuit.
Se rappeler l'oreiller, la couverture toute chaude et la pluie martelant le vélux alors qu'on est encore - pour quelques instants - bien à l'abri.
Comme beaucoup de gens, je déteste me lever tôt. J'ai horreur de sortir dans le froid et dans le vent sitôt l'oeil ouvert et le petit dej' expédié. J'abhorre les trajets courts dans des bus froids, qui ne me donnent ni le temps de me réveiller ni le confort de me rendormir.
J'aime pouvoir rester sous ma couette alors que je me réveille tôt, j'adore me lever à des heures indécentes en ayant pris le temps de me prélasser, de m'étirer. Je raffole de la douche brûlante qui suit ces matins là, et de la déambulation bien emmitouflée sur le carrelage froid.
Et vous ?
26 novembre 2009
Grinerberg
"A la Sainte-Catherine, tout prend racine"
J'ai planté un arc-en-ciel, pas de nouvelles...
23 novembre 2009
La part des choses
Comme si on pouvait les découper, les choses.
D'un côté bien, d'un côté mal, on met sur la balance et le plus lourd chute.
D'un côté noir, d'un côté blanc, et on évalue la nuance de gris.
Comme si tout était désolidarisable, qu'on pouvait reconnaître chaque pièce du puzzle infini qui compose les choses, la vie, le monde...
Tout ce qui fait l'existence est intriqué et serré, mailles indénouables qui se tissent et se tressent sans cesse.
Tout ce qui nous a fait exister, tout les deux, tremblote encore un peu, quelque part dans les ténèbres de nos deux psychismes. Ces liens, fils de soie entre nous, continuent de se resserrer autour de mon pauvre corps laissé pour dette...
Comme si on pouvait détricoter nos deux destins, remettre à leur place les moments qui n'auraient jamais du arriver.
Nous délier.
21 novembre 2009
My bubble
Une bulle de savon était venue se poser contre sa joue, la faisant sursauter.
Elle dormait au pied du grand arbre qui lançait ses racines dans la rivière.
Elle regarda autour d'elle, qu'est ce qui l'avait réveillée ainsi ?
Autour d'elle, une douce brise faisait danser les roseaux et les bourgeons printaniers.
Elle scruta les alentours, cherchant une présence, un indice.
Seul trois moineaux lui répondirent, venant se poser tout à côté de sa silhouette encore engourdie de sommeil,
Ils se dirigèrent vers une petite mare, séparée du cours d'eau par un filet de terre et de galets plats.
A quoi rêvait-elle, déjà ?
