Elle m'a dit stop.

tu t'arrêtes, c'est trop, c'est tout le temps.

Alors, stop.

Naïve, j'ai suivi son ordre, je me suis pliée, je me suis levée à l'aube, et j'ai marché, les jambes dans la brume du matin frais. Il a fallu attendre, trois heures et plus, douloureusement assise, la tête entre les mains. Les pas qui défilent, les odeurs, mes oreilles qui bourdonnent, et, finalement, mon nom qui raisonne.

Après tout cela, ce fut un grand et long silence. Une absence de bruit, de souffle - assourdissante ! Et qui n'en finissait pas de s'étirer dans l'air, comme la flèche décochée d'un arc qui cherche en vain sa cible. J'ai pu imaginer à loisir l'antiforme de ce néant qui s'est développé sous mon être - si c'en est encore un.

Il fallait dire stop. Au lieu de cela, je me laisse avaler sans résistance par de goulues parts de déprime. À l'arrêt, mon corps, mon esprit, et tout ce qui aurait pu faire barrage. À l'arrêt, la vie.