Tu es là, partout, autour de moi. Ton souvenir s'enroule autour de mon cou, il serre mais jamais ne m'étouffe. Quand bien même je tenterais de tourner la tête, de regarder vers le haut. Je ne sentirais que mieux ton parfum.

C'est l'époque de l'année, ce sont les chrysanthèmes, le bord des tombes qu'on nettoie, comme si personne n'y passait, le reste de l'année. Alors que moi, moi, je m'assois près de toi, moi, je pourrais passer ma vie à rester lovée contre le granit froid. À chasser les escargots des plantes qui te recouvrent, à nettoyer les plaques des amis, une par une, à relire leurs bons mots. À m'user les yeux, de relire sans cesse ces petites gravures qui signalent le début et la fin ; ainsi que ton nom, magnifique, que je remâche en pensée comme une stéréotypie mentale contraphobique. Ma vie entière. Çà et là. Les bottines sur les gravillons, le cou rentré dans les épaules et les genoux bien serrés en attendant que tu me dises de m'en aller. Les yeux qui se ferment pour mieux distinguer ta silhouette. Les larmes qui coulent parce que je ne cherche même plus à les réfréner, il n'y a personne que toi et moi, et je suis sûre que tu sais déjà combien je suis triste.

Je suis près de toi, je ne pourrais être ailleurs.