Il n'y a plus d'ivresse, plus de fête. Il n'y a plus de moments de lévitation, légèrement au-dessus du sol, pour m'aider à supporter mes rêves.
J'ai certainement dû trouver vain que de m'entourer de compagnons de galère aussi paumés que moi.

Il n'y a plus de soirées noires, si noires qu'elles en devenaient destructrices et ravageantes. Ces soirées de solitude, passées à me détruire, épuisaient inexorablement ce qu'il me restait de dignité.

Je ne pensais plus, je n'écrivais que l'essentiel à ma survie, et j'imagine que tout mon être se tendait en permanence vers ce qu'il reste de toi, sous terre.

J'en aurais pris, du temps, pour retrouver mes esprits.


L'ivresse, cette sensation de pouvoir faire bloc avec son corps. Juste avec son corps. S'en servir comme instrument de défouloir, comme objet de décharge, pour soulager ce qui gronde en permanence sous ma boîte cranienne.

Il y avait l'ivresse, il y avait le plaisir qui se transforme en souffrance ; et, surtout, il y avait le secret dont je recouvrais minutieusement ces pratiques. 

Aujourd'hui, un fil de pensée arrive à s'enchaîner dans ma tête sans que je n'éclate en mille morceaux. Aujourd'hui arrive à se figurer qu'il a été hier, et qu'il sera peut-être demain.