Cela fait presque mille huit-cent jours, et je reviens à pas feutrés dans mon ancien chez-moi, cet espace virtuel tout tapissé d'écrits divers...

2018 commence avec Carmen, tempétueuse et magistrale. C'est un beau et bon début d'année, le vent et la grêle peuvent fendre l'horizon et balayer les fausses vertus. Il faut d'abord se déshabiller et se voir nu, avant de prétendre à de quelconques apparats.

Ils approchent, les cinq ans de ta disparition, de l'évanouissement de ton âme, du début de ce manque cruel qui m'a ravagée plus qu'aucun traumatisme n'aurait pu le faire. Ils approchent et je suis - sinon prête - bien disposée à les accueillir. Puisque j'ai compris que je ne pourrais plus faire que cela, prendre acte du temps qui passe sans toi. Tu es ma nouvelle horloge, mon métronome quotidien, tu rythmes mes jours et mes nuits.

Carmen, c'était la chienne de mon enfance, solide beauceron né deux ans avant moi et qui tournait autour de mon landau pour que personne n'approche - sauf toi. Même papa avait droit aux grognements, pour peu qu'il éleva la voix... Carmen était ma gardienne, et son retour aujourd'hui en furie météorologique me fait largement sourire.

Il n'est pas de meilleur début d'année possible, et je suis apaisée.